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CampusHEC : le mag' ♦My Summer by Laurine B. : I’m too sexy for my taille-crayon
C’est aujourd’hui à mon tour de me dévouer pour vous expliquer ce que je fais de mon été. Il faut savoir que Mathieu Goudot et moi sommes un peu de la même famille : son cousin au second degré par alliance, Piston, dont il vous parlait dans son article, est mon beau-frère germain. Un jour, au hasard d’une partie de petits chevaux, il m’a proposé de partir en stage à Athènes. « Why not ? », j’ai dit. Et c’est ainsi que je me retrouve, quelques mois plus tard, installée dans la capitale grecque, prête à attaquer guillerettement ma mission : « Market researcher » pour une boîte dont je ne citerai pas le nom (Maped hihi) qui vend des gommes, tailles crayons, règles et tout ce que les bons élèves comme nous doivent avoir dans leur trousse à l’effigie de Dora l’exploratrice (ou Bob le Bricoleur, selon les goûts) pour réussir comme il se doit leurs tests de Psychology of Decision Making (ami rattrapeux, tu le sauras pour la prochaine fois). Je suis censée « visiter des points de vente afin d’évaluer le positionnement marketing de l’entreprise, notamment en terme de politique de prix, et donner des recommandations afin d’améliorer ceux-ci ». Ca, c’est la partie théorique. En pratique :- J’ai un dictaphone. J’en suis dingue. Ca me donne l’impression d’être une James Bond Girl, deux bonnets de soutif et James Bond en moins. Et tant pis si les enfants, en me voyant, demandent l’air effrayé à leurs parents « dis Maman la dame elle est folle ? Pourquoi elle parle toute seule ? »
- Enfin je suppose qu’ils disent ça. Parce que je parle pas grec. Pas un mot. A part « gomme », « facture », et « à ta santé », true story. Ca a tendance à me rendre parano. Et à me jouer des tours, comme la fois au supermarché où j’ai confondu le démaquillant pour les yeux et le dissolvant, je vous laisse imaginer le résultat.
- Je me déplace de point de vente en point de vente en moto. Une énorme moto. ROUGE. UNE ENORME MOTO ROUGE BMW LES MECS QUOI !! Je kiffe trop. Prochaine étape de la beaufisation : le tuning ? (et nan sot, c’est pas moi qui la conduit, déjà que j’ai des problèmes de motricité en tricycle, faudrait voir à pas trop déconner non plus).
- Ici aussi, c’est la crise. Du coup, au lieu d’être simplement « Market Researcher » et de philosopher sur les prix et les marges en dédiant le résultat de mes recherches à Alexandre Lamy, la moitié de mon temps ressemble plus à « Vis ma vie de manutentionnaire Grec dans des entrepôts qui puent ». Au programme : remplissage de présentoirs avec des gommes, des gommes, des crayons super promo « 1 acheté, 2 gratuits et un taille crayon dans tes fesses », des feutres par 6, 12, 18, 24, des bulletins de participation au grand jeu-concours « Pimp my agrapheuse » et autres merveilles. Accompagné par le « tilitiliti tilitiliti » caractéristique de la course des cafards sur les rayonnages. Il paraît qu’il y a des rats aussi, mais j’en ai pas encore vu, pourvu que ça dure. Attention, comme je suis quelqu’un de corporate, je tiens à préciser que ce ne sont pas les entrepôts de ma boîte, mais ceux des hypermarchés qui nous demandent de faire ce boulot in situ.
- Dans mon appart, l’ascenseur arrive directement dans le salon. Est-ce que j’ai précisé qu’il faisait 47 m² ? Ah et au fait, je vous ai dit qu’il y avait une terrasse de 16 m² ? Héhé.
- Y’a pas à chier, le soleil tape dur, surtout entre midi et deux. J’aurais dû m’en souvenir le jour où je me suis mis de la crème solaire sur la jambe gauche mais que j’ai oublié de faire la droite (oui, OUBLIÉ). Deux heures d’exposition plus tard, pof ! Laurine « vanille-fraise » Bérard. Au cas où ça n’aurait pas disparu à la rentrée, je ne veux aucune remarque. AUCUNE, compris ?
- Excel, j’aime bien. Je customise mes feuilles en joli, je fais des belles mises en forme… jusqu’au moment où mon boss me demande d’enlever les colonnes roses fluo parce que dit-il « ça nuit à la lisibilité ». M’en fous, je lui mets du rose pastel à la place.
- Mes collègues mâles s’évertuent à m’expliquer la différence entre l’Olympakios et le Panathanaïkos. Généralement, ils s’énervent et finissent par se tirer la tronche. Grosse ambiance dans le bureau. Tout ça pour rien, parce que moi je suis pour Guingamp.
En guise de conclusion, je n’aurais que 3 mots : moussaka, souvlaki et sirtaki. Parce que je suis en Grèce quand même, fallait que je les case ces trois là.
Et aussi, le truc sur la photo est bien un taille-crayon. Merci Maped.
Ah, et une dernière chose : maintenant, vous connaissez l’origine de mon expression préférée : « Si t’es pas content(e), je te pète les genoux à coups de gomme ».
Bisous les loulous.
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